Ce titre peut vous sembler agressif mais il faut parfois parler vrai. D’une certaine manière il faut le prendre au second degré, comme la conclusion d’un constat.
Mais avant tout qu’est-ce que l’écologie ? Demandons à Google.
SCIENCES : Étude des milieux où vivent les êtres vivants, ainsi que des rapports de ces êtres avec le milieu (écologue).
COURANT : Doctrine visant à un meilleur équilibre entre l’homme et son environnement naturel ainsi qu’à la protection de ce dernier.
Bien entendu, lorsque nous parlons d’écologie nous parlons de la définition courante. Depuis quelques années, la conscience écologique s’accroit mais elle ne parvient pas à donner lieu à de vrais changements. Pourquoi ? Parce que penser écologie, c’est accepter de fournir des efforts. Or personne ne veut faire d’efforts sans un bénéfice direct, et dans ce cas, les bénéfices sont décalés de plusieures années.
La presse n’arrête pas de mettre en évidence les effets du changement climatique. La bourse montre l’augmentation du cours des matières premières dont les stocks s’amenuisent. Les scientifiques ne cessent d’alerter sur les pollutions que nous générons et les effets délétères qu’elles créent sur la biodiversité. Et que faisons-nous réellement ? Construire des méthanisateurs, favoriser l’achat de voitures électriques tout en alarmant que nous n’auront pas assez de production électrique dans un avenir proche, mettre en place des chaufferies biomasse qui brulent le bois de nos forêts, réduisant l’absorption du CO² et la biodiversité, tout en relâchant des dioxines et du CO². On est bon, la boucle est bouclée.
C’est évident, ça va mal et on doit faire quelque chose. Enfin bon, ne soyons pas alarmistes.
Si je fais quelque chose, l’impact sera tellement minime que ça n’a pas de sens que je le fasse. Alors je délègue ça à nos dirigeants. Une élection arrive. Bien entendu chaque profession de foi aura son paragraphe sur le sujet. C’est génial, ça suffit pour nous satisfaire.
A voté !!!! On se revoit dans N années pour faire le constat ?!
Notre commune est très en retard dans son engagement contre les effets environnementaux qu’elle génère. A part le retrait des produits phytosanitaires, je vois pas. Un mat à hirondelles suffit pour contrebalancer les impacts de l’urbanisation qui est lancée. C’est clair, on maitrise.
- Vous voulez de la végétation ? Parfait, voilà une belle place tondue court, avec des arbres jeunes non endémiques. Ok ça fait un peu ville nouvelle, mais vous verrez dans 30 ans, ce sera un village de caractère.
- Vous voulez de la sobriété ? Pas de soucis, élisons un délégué qui proposera des actions pour réduire la consommation énergétique de nos bâtiments et de nos véhicules. Ok, ses propositions pourront être refusées par le conseil municipal. Avec ça on va bien avancer.
- Vous souhaitez de la biodiversité ? Ça tombe bien, on a validé la destruction d’un bois de 80.000m² pour les carrières (validé par le PNR, le département, la CAPF… bientôt vous). On va pouvoir mettre une haie autour du trou qui accueillera les déchets du Grand Paris. Ok, nous ne sommes pas sûr que le lieu soit stérile ensuite mais c’est loin. En plus, dans le centre-ville des centaines de plantes seront changées tous les ans et sélectionnées pour consommer uniquement de l’eau du Gâtinais. On est bon, pas de doute.
Pourtant je ne me considère pas comme un écologiste mais je trouve que l’hypocrisie entourant ce sujet, qui pourtant est primordial, m’exaspère. La question écologique est transversale. Elle n’est pas l’apanage d’un parti politique. Elle devrait être la base des actions et non un argument de vote.
La France s’est engagée à appliquer le facteur 4. C’est-à-dire diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre. Ça implique aussi les communes. L’augmentation du coût des matières premières et notamment des énergies impose qu’il faut dès maintenant appliquer la sobriété et la production locale d’énergies. La raréfaction de l’eau impose une nouvelle politique de gestion et de consommation de cette ressource, qui est vitale. Pas de pluie, pas d’agriculture…
Je pense que, comme tout le monde, j’aimerais bien que notre avenir reste serein. Malheureusement je doute que le retard pris puisse être comblé.
La majeure erreur faite autour de l’écologie c’est de penser qu’elle est évidente. Qu’elle doit être primaire dans nos choix. Mais ce n’est pas le cas. Connaissez vous la pyramide de Maslow ? A quel niveau les problèmes écologiques vont s’intercaler ? Au même niveau que le besoin de se nourrir, de se loger ? Bien sûr que non. Même si se nourrir risque de devenir plus compliqué pour ceux qui ont peu de moyens, en raison des changements climatiques et de l’augmentation des prix, tant que les élites peuvent aller prendre une côte de bœuf à l’auberge du « poney qui tousse », tout ira bien.
En fait la problématique écologique, dans cette pyramide, apparait quand on arrive au niveau de l’accomplissement de soi « en général ». Donc quand on est aisé. C’est pourquoi on parle d’écolo-bobo d’ailleurs. Quand on n’a pas de souci particulier, on peut plus facilement faire des efforts dans ce sens… même si parfois c’est pour la parade. Regardez mon maillot de bain en orties ! Classe, non ?
En bref, même si tout le monde voit le mur arriver, sait qu’il faut réagir, on patiente en se disant, ça va passer.
Il faut vraiment appréhender les problématiques écologiques d’une autre manière. L’effort à fournir aujourd’hui est moindre que celui de demain. Plus nous attendons, plus vite arrivera le mur.
Ha, j’y pense. Vous pensez que cela ne concerne que les autres ? Regardez bien l’augmentation de votre prime d’assurance Catastrophes Naturelles …
Pour conclure ce coup de gueule, je dirais, ne vous inquiétez pas. Rien ne va changer dans un future proche. Enfin je veux dire, aucun effort substantiel ne sera fait. Quant à savoir dans 5 ans comment nous vivrons, je doute que ce soit mieux qu’avant 2016.